Liseron : comment s'en débarrasser ?
naturellement et sans désherbant !
Summary
Le liseron fait partie des adventices les plus redoutés des jardiniers. Tenace et prolifique, cette plante grimpante s’entortille autour des plantes, dans les haies, sur les grillages, … un peu partout tant qu’elle trouve un environnement propice et un support.
Le problème du liseron, c’est qu’il excerce une forte concurrence : il capte l’eau, la lumière et les éléments nutritifs du sol tout en étouffant les plantes à proximité.
Dans cette fiche conseil, vous trouverez des solutions anti-liserons efficaces pour lutter naturellement, contre le liseron des haies (Calystegia sepium) et le liseron des champs (Convolvulus arvensis), en évitant le recours aux désherbants.
Techniques manuelles, solarisation, désherbeur thermique, plantation de plantes toxiques pour les racines de liseron (Tagetes patula, minuta), semis d’engrais verts… Voyons comment se débarrasser définitivement du liseron ou presque !
Liseron des haies ou liseron des champs ?
Pour combattre au mieux, il faut connaître son ennemi… Voyons tout d’abord quels sont les deux principaux types de liseron.
1. Le liseron des haies
Le liseron des haies produit quantité de fleurs immaculées à la fin de l’été, principalement dans les haies, les friches, les grillages ou les clôtures. Il est très envahissant car ses racines sont extrêmement difficiles à éradiquer et ses tiges volubiles se développent vite et colonisent plantes et clôtures en s’enroulant dans le sens des aiguilles d’une montre.
On le reconnaît à ses larges feuilles en forme de flèche, d’un vert éclatant, alternes sur de fines tiges volubiles. Les fleurs du liseron des haies sont blanches en trompette, de 30 à 50 mm de diamètre. Elles se ferment par temps couvert ou pluvieux, mais peuvent rester ouvertes jour et nuit. La floraison apparaît de juillet à septembre.
Le liseron des haies forme d’abord une racine pivotante puis plusieurs sortes de tiges :
- des tiges volubiles qui grimpent jusqu’à 3m et produisent des fleurs,
- des tiges rampantes, plus courtes, qui forment des rhizomes,
- de très longues tiges jusqu’à 10 mètres, ramifiées et dépourvues de fleurs. À l’automne, les extrémités de ces dernières se courbent pour s’enraciner dans le sol et devenir un rhizome qui donnera de nouvelles pousses au printemps suivant.
La plante peut atteindre 6 m de hauteur et ses racines lui permettent d’aller puiser l’eau profondément, jusqu’à au moins 50 cm.
2. Le liseron des champs
Le liseron des champs couvre souvent le sol des terres cultivables, des friches, des chemins et des jardins. Il s’entortille autour des cultures ou des plantes basses.
Plus petites que celles du liseron des haies, ses fleurs sont souvent très colorées comme des berlingots. Elles mesurent entre 20 et 30 mm de diamètre. Parfois blanches, elles sont le plus souvent roses rayées de blanc. Photosensibles, elles ne se déploient complètement qu’en plein soleil. Sinon, elles restent fermées comme un parapluie replié. La floraison apparaît de juin à septembre. Un seul plant peut couvrir le sol sur 3 m de diamètre. Enfin, sachez que le liseron des champs est plus gérable que le liseron des haies.
Ils apprécient les sols argileux et lourds mais la présence de liseron indique surtout un sol riche en azote.
La dissémination des graines, très fertiles, se fait par le vent et les oiseaux. Ajoutons à cela, une croissance de la partie aérienne et des racines particulièrement rapides et l’on obtient une redoutable colonisatrice.

Racines blanches de liseron.
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L’arrachage manuel
C’est une méthode efficace mais il faut s’armer de patience. Intervenez en fin d’hiver, utilisez une fourche-bêche ou une grelinette ou bio-fourche pour enlever un maximum de racines. Pour être efficace, cette opération devra être renouvelée plusieurs années de suite, surtout si le terrain est très envahi. En saison, toutes les repousses seront soigneusement éliminées, par arrachage ou sarclage.
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La solarisation
La solarisation est une méthode qui a fait ses preuves. Pour la mettre en oeuvre, il suffit de poser une toile opaque pendant 18 à 24 mois. Le liseron épuise ses réserves en cherchant la lumière. La toile doit impérativement être perméable à l’eau pour éviter que le liseron ne se mette simplement au repos et attende son heure pour revenir en force. Il faut aussi prendre soin d’enterrer les bords de la toile. Au bout de ce temps, il faudra extirper les racines en prenant soin de ne pas les fractionner avec un outil tranchant.
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Le désherbeur thermique
Cette technique permet d’affaiblir le liseron, mais pas d’avoir sa peau ! Le principe du désherbeur thermique est d’approcher une source de forte chaleur de la plante à éliminer. Ce choc thermique permet de détruire les cellules de cette plante. L’utilisation du désherbeur thermique est plutôt adapté aux allées et aux terrasses pavées mais pas pour les massifs où vous feriez beaucoup de dégâts sur les plantes sur lesquelles le liseron est entortillé. Enfin, attention de ne pas provoquer un départ d’incendie dans les régions à risques !
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Le paillage
Le paillage (broyat d’élaguage ou de feuilles coriaces comme celles du bambou), disposé en couche épaisse ralentit la croissance du liseron et même s’il parvient souvent à se faufiler au travers, c’est un moyen de contenir sa croissance.
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L’astuce de la boîte de conserve
Il est possible de poser une boîte de conserve retournée sur une pousse de liseron. Cette dernière va pousser dans la boîte et s’épuiser en cherchant la lumière mais cette astuce n’est pas réalisable dans un massif envahi de liseron… à moins que vous ne souhaitiez un jardin de boîtes de conserve !
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Les tagetes (oeillets) et les engrais verts
Il est parfois recommandé de planter des tagètes pour lutter contre le liseron. Bien que nous n’ayons pas encore testé cette méthode, les expériences de quelques jardiniers indiquent que les oeillet d’Inde ne portent pas de réel préjudice aux racines de liseron. Il semble en être malheureusement de même pour le semis d’engrais vert (seigle, vesce) qui ne ralentit pas le liseron.
Nous déconseillons l’usage de desherbant, peu efficace et néfaste pour l’environnement. Néanmoins, si vous décidez d’avoir recours aux produits phytosanitaires comme le glyphosate, appliquez le produit au pinceau sur chaque feuille, avec des gants, des vêtements à manches longues, un masque. Pensez aussi à protéger la terre de plusieurs couches de papier journal. Vous voilà mis en garde !
Comment éviter l'invasion ?
Pour éviter d’amener du liseron dans votre jardin, méfiez-vous de tout apport de terre extérieur ou du compost qui pourraient contenir des racines ou des graines.
Si, malgré vos précautions, il s’est installé dans vos massifs :
- arrachez toutes les parties aériennes pour éviter la dissémination des graines
- ne lésinez pas sur le paillage : une couche épaisse (15 cm) permet de ralentir la pousse du liseron,
- lors du travail du sol, enlevez un maximum de racines en soulevant la terre à l’aide d’une fourche-bêche ou d’une grelinette. Brûlez les racines une fois séchées.
- n’ayez pas recours à un motoculteur ou une bêche qui vont fragmenter les racines. Chaque tronçon pourra redonner une plante. Le liseron prospère dans les sols trop travaillés.
- Persévérez, c’est payant : le liseron ne doit jamais avoir le temps de reconstituer ses réserves.
- utilisez une gouge pour extirper le liseron des champs le plus profondément possible.
- évitez de planter sur une parcelle “contaminée” par du liseron en vous disant que vous l’enlèverez au fur et à mesure : c’est beaucoup plus difficile et vos jeunes plants auront du mal à lutter contre la concurrence qu’il exerce.
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Sachez que :
- ses fleurs mellifères sont très appréciées des butineurs,
- Le liseron est également une plante bio-indicatrice, elle révèle un sol trop riche en azote et indique peut-être un excès de fertilisation.
- Les parties aériennes du liseron enrichissent le compost en azote et en oligoéléments, tandis que les racines aèrent les sols lourds.
Il existe, d’ailleurs, d’autres espèces de liserons, non envahissantes, cultivés pour leurs jolies trompettes colorées :
- Le liseron d’eau (Ipomoea aquatica) est un liseron comestible dont les jeunes pousses et les feuilles sont utilisées dans des plats asiatiques.
- Le liseron bleu est aussi connu sous le nom d’ipomée (Ipomea indica ou learii), une vigoureuse liane annuelle ou vivace dans le Midi et dont les grandes fleurs sont d’un bleu incroyable.
- Le liseron de Turquie (Convolvulus cneorum) est un arbrisseau aux fleurs blanches et au feuillage argenté, à réserver au climat méditerranéen.
- Enfin, le liseron de Mauritanie (Convolvulus sabatius) est une plante annuelle tapissante au port retombant, parfaite en suspension.
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